samedi 13 janvier 2018

VOLTE FACE

 

Face aux changements, désirés ou redoutés, nous obligent à évoluer loin des sentiers battus, 
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Toinou est revenu au village de son enfance pour un triste devoir.  Son père décédé, il a fallut s’occuper de l’enterrement et de tout ce qui va avec.  Déjà   20  ans qu’il n’a pas revu la bourgade, délaissée pour monter  à Paris.

De  garçon de café  parisien-   il est devenu chef de rang et règne sur un petit monde cosmopolite qui lui plait bien ; il y est à son aise, gagne correctement  sa vie. Quelques deniers  économisés, un quotidien en  famille agréable, il se sent bien ici à Paris. Tout au moins c’est ce qu’il  considère actuellement  

 Son père,  besogneux et    économe lui a laissé des terres et un carnet au C .A.  , les deux rajoutés à ce qu’il a,  voila un gentil  pécule à sa disposition.

Avec Martine, ils pourront acheter l’appartement dont ils rêvent tant.

 

A la sortie de la messe il retrouve Marco son copain d’enfance qui est revenu au pays.

Il est devenu éleveur de chèvre et fabrique du fromage. Ancien prof, de math à la ville voisine, il a tout abandonné, épouse y compris. Il ne regrette pas d’avoir coupé les ponts avec sa vie d’avant, et mène, dit-il à son compère d’autrefois, une existence saine et paisible,  près de la nature.

Il entreprend Toinou et  l’engage à faire de même.

 Celui-ci est tenté. Il pourrait cultiver les terres de son père, en produisant bio,  et vendre les produits de sa terre à la petite ville de C. où les clients sont demandeurs.

Mais il lui faut du  courage  pour tirer un trait sur le passé.

Il imagine  déjà ce que son épouse,  vendeuse chez un célèbre chausseur,    va lui rétorquer :

« Je ne veux pas  renoncer à  Paris  pour m’enfermer dans ce trou. »

D’ autant plus que c’est une pure citadine.

Marco cependant le stimule, lui donne des conseils, lui fait miroiter un avenir équilibré, zen, il    l’encourage, en un mot  il le tente.

Toinou   va  y réfléchir, tirer des plans sur la comète  assure-t-il à son ami en le quittant sur le quai de la gare.

Trois mois  plus tard  après avoir consulté et étudié l’affaire, il est  décidé.  d’un commun accord ,  que   Martine,  restera à Paris quelques temps avec les enfants pour qu'ils poursuivent  leurs études. Faire un break comme on le dit à la grande ville?

Lui s’installera ici,  mettra tout en route.

La solitude ne lui fait pas peur, mais par contre les démarches à entreprendre lui font battre les tempes, la tension monte.

Il s’arme de courage. Va voir les autorités pour les démarches de reconversion,  pour rendre les terres à nouveau vierges et fécondes, . Un délai doit être respecté. Qu’à cela ne tienne, il se fera besogneux-bricoleur  auprès des autochtones qui le connaissent bien, cultivera son jardin. Il pourra ainsi vivre en autarcie

Laborieuse  visite auprès des  banquiers :

 Il faut fournir moult  motivations approfondies, avec calculs réels et non utopiques.

 

 En attendant le regain bio  de la terre, il se documentera sur les méthodes les plus adéquates qui permettront abondance et qualité... il suivra quelques cours par correspondance. 

Et sans relâche, malgré les refus, les dossiers représentés, X fois,  il n’abandonne pas.

 

Aujourd’hui,  quelques années plus tard, après ce sacrifice consenti, il obtient sa récompense

L’affaire fonctionne à merveille. Il est même devenu le patron de la petite coopérative qui regroupe tous les « bios » du coin.

Ce sont les habitants  de la ville voisine de C, maintenant  qui se déplacent pour venir acheter à la Coop…

 Qui les poireaux bien verts, qui les radis bien roses, et salades croquantes, sans pesticide évidemment.

Il est fier de  lui .Son épouse présentement convertie, en tenue décontractée, les talons hauts aux oubliettes, l’aide dans la gestion, et parfois, supplée au manque de mains dans les périodes de coup de feu, en cueillant les fraises, qu’elle trouve plus juteuses et sucrées qu’à Paris.

Les enfants continuent leurs longues études, et viennent souvent avec les copains se ressourcer à la campagne.

 

Posté par JAK la JARJILLE à 23:34 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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