velo sainte 07 2016 Un vélo abandonné dans les rues de Sainté m' a fait faire quelques bonds en arrière.......

 

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Il est là, négligé, désuet et rouillé, le guidon de travers, les pneus desséchés,  à plat, avec  cet  air du malheureux qu’il  est : isolé, oublié, abandonné.

 

Ce vieux vélo retrouvé au fin fond de la remise ce matin, au cours de ce  réaménagement à fait ressurgir des émotions très vives, le passé à toutes  pédales est revenu.

 

Plus de soixante étés se sont enfuit, torrides, ou pluvieux, tristes ou gais, avec les enfants, puis les petits enfants, et les arrières petits ont pointé leur museau….

A ce jour ces étés passés  essaient de faire marche arrière, mais le dérailleur est rouillé, il ne peut plus changer la vitesse…..

 

Me voici revenue l’année de mes 17 ans.

 

Je  la revois, la palpe, la respire.

 

Cette année là,  les reporters du  Tour de France,  à la radio difusaient   sans cesse des bulletins sur Fausto Coppi,  un bel Italien qui nous faisait rêver.

 

Tantine Flo, la sœur de papa nous avait conviées ma  sœur et moi dans sa plate campagne verdoyante où  une rivère , le Lignon , coulait  calme et serein.

 

En cette période d’après guerre, c’était  pour nous la belle insouciance, ingénues mais cependant nous étions  curieuses des choses de la vie.

 

Nous avions des copains, francs camarades avec qui nous rions gaiment de mille naïvetés.

 

La prudence était mère et nous n’accordions   aucune familiarité. Mais cela ne  nous troublait pas, c’était ainsi.

 

Chaque après-midi nous allions nous baigner dans une  jetée assez vaste, où nous  plongions, sautions  allégrement, en projetant  mille éclaboussures sur les quelques autochtones   entourés  de leur progéniture. Gamins criant, cabriolant ,  tout comme nous..

 

Presque au zénith,  nous repartions,  rougeoyants , grace aux rayons qui nous avaient si bien cuits,  pédalant en danseuse sur la route  faites de cotes et de tournants sinueux, en chantant à tue-tête cette chanson  là :

 

Quand Margot dégrafait son corsage
Pour donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là, la la la la la la
etc….

Ah cher Georges, que nous as-tu charmé !

 

"Et dans mon âme il brûle encore
A la manière d'un feu de joie".

 

Nous fêtions aussi gaiement les feux de la Saint Jean.

 

Le village en entier était alors assemblé, tous sautant avec courage ( et inconscience)  sur les flammes vacillantes.

 

Nos vélos garés près de l’église, nous attendaient sagement : ils ne craignaient rien !

 

Pour le 14 juillet ils étaient à nouveau mis à contribution, car le feu d’artifice cloturant la journée, avait lieu dans  un village éloigné de la maison.

Nos muscles aguerris n’en n’avaient que faire, et rapidement nous étions sur les remparts du chateau perché,  pour profiter pleinement de la fête .

 

Les  gerbes scintillantes  nous ravissaient les yeux, éblouis à chaque fois par de nouvelles étincelles. Le bouquet final attirait nos  Ohhh !  Accentués, repris en chœur par tous les spectateurs.

 

Et enfin,  l’instant tant attendu,  l’ouverture du bal arrivait.  Les flonflons au son de l’accordéon enlevaient notre timidité, et nous dansions avec ou sans cavaliers, s’épuisant jusqu’à des heures avancées.

 

Puis c’était l’heure de la levée de camp, et nos bicyclettes nous ramenaient en toute hâte,vers la maison de notre tante, qui de sa fenêtre, guettait anxieuse notre arrivée.

 

J’ai eu bien des vacances, agréables et variées, mais il me semble vraiment que celles-ci en sont   le point culminant.

 

Trahissant peut-être, peu ou prou,  un brin de nostalgie !

 

 

vélo d'occas aquarelle 2017 (11)