Défi d'écriture no 67 

 2 choix pour le défi écriture no 67
 

Les 8 mots

adepte,, souvent, étrange, fameux,
pouvoir, garder, attribuer, penser.

ou les 3 expressions suivantes,

s'en tamponner le coquillard, anguille sous roche, ménager la chèvre et le chou.



 

 

 

 

Souvent l’étrange m’interpelle.

Ainsi pas plus tard que la semaine dernière, en vacances dans petit coin de montagne, j’ai vu de mes yeux vu, un cul de jatte prendre les jambes à son cou. Enfin c’est ce qu’il m’a semblé lorsque j’ai constaté qu’il dévalait  en boule un  pré  à  chèvres, assez pentu du fameux pré Richard.

Le lendemain, du haut  du  balcon de mon petit studio alpin,  j’ai remarqué, près  la fontaine en mélèze, un conciliabule de commères . Les unes  trifouillant leur  chignon,d'autres, les mains sur les hanches ,  toutes  s’activant dans un bavardage très  gestuel.

J’ai pensé «  il y a anguille sous roche ».

J’avais vu juste.

 En tendant l’oreille j’ai saisi qu’elles  parlaient de mon "bonhomme", un bien  nommé Jambaz   qui était adepte du parapente  et s’entrainait  pour bien atterir en vue de    participer à une  compétition prochaine.  .Ce concours visait à récompenser le plus multicolore assemblage  d’ailes libres.

Un challenge pour tous les participants.

Bien sûr,  il fallait être sportif pour garder les guides en mains, au gré d’Eole, mais le but de la compétition était  surtout l’harmonie des couleurs.

Il fallait  donc ménager la chèvre et le chou : être compétent et adroit, garder son sang froid, pour manier les ficelles, tout en exposant  ostentatoirement  au dessus de sa tête un paravent multicolore,  décoré, un  modèle unique..

Le jour dit, je m'y rendis en sportive, chaussée de godillots et munie de bâton de marche alpine. Il fallait bien celà pour s'incorporer à ce monde d'initiés!

Les emplacements de départs étaient attribués selon les capacités, débutants, handicapés, les plus aguerris avaient un décollage en dessous des sommets enneigés. On les distinguait mal dans leur élan initial.

Mais l’atterrissage avait lieu dans une  même zone, et les spectateurs en prenaient plein les mirettes.

Tous ces oiseaux de fortune venus voleter  dans un ciel bleu à faire pâlir celui de Provence, Ce lumineux ciel  des Alpes grandioses, mettait du baume au coeur.

Mon favori était bien sûr Jambaz

Son départ fut bien assuré, aidé par des bénévoles, et lorsqu’il fit corps avec le vent, après avoir jeté un dernier coup d’œil aux manches à air, on vit apparaitre une toile   bigarrée, aux couleurs de l’arc en ciel, sur laquelle étaient inscrit :

Mon handicap, je m’en tamponne le coquillard !

 

Les badauds, dont je faisais partie, coururent le congratuler. Il semblait en scintiller de joie. Flamboyant, il réfléchissait les lumières de son arc en ciel  qui s'était délicatement posé à terre.

Mais en fait d’étrange, comme je l’ai inscrit  en préambule  il m’a parut  surtout être un homme hors du commun,  au courage et à la volonté extraordinaire. Il possédait en sus le pouvoir d’autodérision, ce qui n’est pas donné aux nombreux pisse-froids que l’on côtoie souvent.