Défi #489 - Le défi du samedi

Dans la vie,y a des hautset des bas... Pareil pour le Vilebrequin

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Assis sur un  antique banc en mélèze, si vieux que de  nombreux postérieurs y ont emprunt  la  forme  d’un  coussinet, il médite   en savourant    sa bouffarde au tuyau en piston.  Ses prunelles  errent vers  le haut. de la montagne, où le soleil irise  des pignons majestueux. Son visage patiné parait impavide,

 

 

 

Il est las et là  à la fois

 

 

 

-Las de ses rhumatismes, de toutes ses blessures. Ses manetons, mains devenues flasques,  n’obéissent plus, 

La roche qu’il a si souvent caressée les a tannées, usées,   Elles sont  aussiI  rognées par le gel  

 

Et

 

-Là, cantonné  au refuge depuis sa mise l’écart,  il accueille

des touristes à la  rotation continue.

 

 

A la veillée il leur conte des histoires, qu’il s’est récité à lui-même durant toute la journée.

 

Autrefois pisteur,  vieil homme devenu,   le soir  près de l’âtre devant   les  bûches   en combustion, il narre ses anciennes  courses, les drames de la montagne impassible et hautaine sans pitié pour les inconscients.

 

Il ressasse alternativement ses cordées d’il y a…

 

Il  y a belle lurette qu’il ne remonte  plus la manivelle des clients hésitants.

 

Ceux-ci sont d’ailleurs devenus des spécialistes, connaissant tout de la montagne,  Pour cela  ils surfent  sur la toile, avant même que de n’avoir vu le début d’une piste.

 

Maintenant,  sans la force alternative qui avait fait de lui le roi des guides, il est chargé de l’allumage de la cheminée, et  il s’occupe de la popote en fonte où il fait cuire la soupe  à pates  en y ajoutant par palier des légumes.

 

 Il aime alors contempler  tous  ces ingrédients  qui se fondent en mouvements alternatifs circulaires continus

 

Et il attend,  en rêvassant, le retour des touristes.

 

Il y a longtemps que sa  bielle Rosy l’a quitté.  Ils ont formé un couple moteur réputé  dans toute la vallée.  Lui guide, elle hôtesse de ce chalet qui maintenant tombe en ruine.

 

Il est seul, sans force à l’allumage, sans force   motrice.

 

Et lorsque le soir venu les marcheurs s'en reviennent, il  contemple d’un œil désabusé  leur équipement d’internautes, casques protecteurs, chaussures extrêmes, boussole GPS.

 

Alors il porte un regard qui en dit long  sur le manteaude la cheminée

où trônent ses vilains  brodequins tout usés

 

 

 

De viles broques* hein ??? me direz-vous

 

 

Que nenni des brodequins qui ont un noble passé

 

 

*Broque chose sans valeur

 

Nota  sources pour la soupape de sureté : je vous signale que j’ai été pistonnée par mon garagiste,  pour tous ces mots dont j’ignorais l’usage