Par la fenêtre entrouverte on entre-apercevait  un bel arc en ciel.

Hans  rêva un moment émerveillé de tant de couleurs.

Puis il revint sur son texte, mais la page de Word restait  blanche,

Les  possibilités  variées de ce traitement de texte,  le laissait  totalement indifférent.

Pour trouver un peu d’inspiration, il surfa un moment sur la toile,   à la recherche de faits nouveaux. Alors  quelques  idées venaient qu’il effaçait aussitôt avec  la touche Suppr.

Plus de grattage, de  mots  passé au correcteur blanc  comme autrefois, Tout cela était devenu  machinal, le manuscrit formaté n’avait pas d’âme, ne sentait pas la sueur.

Il n’aurait jamais dû écouter sa fille qui lui avait  conseillé ce nouveau matériel pour écrire ses nouvelles.

Las de pester devant  ce blanc  sidéral, il ferma avec rage le clapet de ce maudit portable, en un geste rageur, sans soucis de conserver son texte.

….

Sa vielle machine à écrire était là qui l’attendait  tapie sur le vieux  bureau à cylindre

Dès qu’il l’eut en mains il se retrouva en harmonie avec elle. Il pouvait à nouveau griffonner, l’exaltation était revenue, les gestes mille fois refaits.  

La Remington  était bien sur obsolète, les frappes  O et C  plus très lisibles,  le ruban encrassé, mais qu’importe, le geste pour l’interligne, mille  de fois répété   suivi d’un son typique, lui procurait un plaisir qui  l’inspirait, le réconfortait comme un point final à la ligne, laissant quelques secondes son esprit vagabonder.

En peu de temps il trouva la chute de son roman, qu’il  dactylographia sur sa vielle bécane.

Il relut son texte, satisfait, il dégagea  avec volupté  la feuille du cylindre.

Alors, à ce moment il repensa qu’il lui faudrait l’inclure à la suite, sur le fameux traitement de texte

Hélas, dans sa rage pour  fermer son portable, il avait  oublié d’enregistrer avec les toucheq Ctrl/ S (mon dieu quel barbarisme) : tout fut perdu depuis le début, sauf bien entendue.. la  miraculeuse chute !

Il ne lui resta qu’une ressource, réécrire sa nouvelle en entier, sur le maudit portable.

Rejeté, il s'était vengé,  mais finalement  il était le bienvenu !