Etés de mon enfance où nous baignons vaillamment dans des torrents dangereux

J’entends encore nos rires hilares lorsque de la jetée de pierres jointes ,nous larguions nos corps musclés  et moites,   pour nous engloutir avec la   précision  d’un avion en piqué, entre les deux rochers protégeant notre havre isolé, notre réserve.

Il en fallait de l’adresse ou peut être- et  surtout-  de l’inconscience

Pas de plage  ni de serviette pour nous sécher,  nous n’en avions pas le temps pressés que nous étions d'aller marauder les  vieux pommiers abandonnés et dans  le fruit véreux mordre   à pleines dents.

La première giclée  inondait   notre  bouche d’un jus amer mais revigorant, et nous étions prêts à arpenter les 4 ou 5klm  qui nous séparaient de notre maison, les pieds protégés par des spartiates dont la finesse de la semelle  laissait goûter la géométrie des cailloux du sentier

Pas de nostalgie,  la vie suit son chemin, cependant la chaleur aujourd’hui nous étouffe et nous  submerge  via les médias,  un garde-fou insensé que l’on subit malgré nous,   à grand fracas d’annonces catastrophiques  accompagnées de conseils infantilisants, les vieux n’ont qu’à rester au frais !

 Pourtant les étés ont toujours les mêmes conditions thermiques que   ceux de ma jeunesse, L’été, le moment des retrouvailles de vacances où sous un soleil de plomb on replonge en enfance,  dans la piscine,  avec les petits enfants. 

 

 

jetee saut